PALEVOPRIM
UMR 7262 CNRS INEE

Laboratoire Paléontologie
Evolution Paléoécosystèmes
Paléoprimatologie
Université de Poitiers

Glossaire 2018-12-04T18:07:44+00:00

Petit glossaire maison

On aime…

Anthropoïdes – Groupe au sein des primates qui apparaît à l’Éocène et rassemble les singes du Nouveau Monde (par ex. les capucins), les singes de l’Ancien Monde (par ex. les babouins) et les grands singes (par ex. les chimpanzés et les humains). Ils constituent l’infra-ordre Anthropoidea.

Cénozoïque – Ère géologique qui débute il y a 66 millions d’années et qui inclut le présent. Le Cénozoïque comprend les époques Paléocène (66,0 Ma – 56,0 Ma), Éocène (56,0 Ma – 33,9 Ma), Oligocène (33,9 Ma – 23,0 Ma), Miocène (23,0 Ma – 5,3 Ma), Pliocène (5,3 Ma – 2,6 Ma), Pléistocène (2,6 Ma – 11,7 Ka) et Holocène (11,7 Ka – présent).

Femmes paléontologues – La paléontologie, une affaire d’hommes ? Rien de plus faux ! Depuis Mary Anning (1799-1847), que ce soit sur le terrain, dans l’analyse, dans les méthodes et les supports techniques, la discipline est aussi bien animée par des femmes que par des hommes. Alors, à toutes les jeunes filles et tous les jeunes hommes paléontologues en herbe, n’hésitez plus !

Fossiles – Il s’agit de tous les témoins de la vie du passé, du grain de pollen au squelette de diplodocus, en passant par le mammouth congelé, l’arthropode cambrien compacté entre deux feuillets de schiste, le moulage interne naturel d’une ammonite, les empilements laminaires de roche liés à l’activité des cyanobactéries (stromatolithes) et les traces de pas d’un australopithèque dans de la cendre volcanique. On peut définir comme fossile tout témoin de l’existence d’une population biologique n’existant plus à l’heure actuelle.

Hominoïdes – Groupe au sein des primates qui apparaît à la fin de l’Oligocène et rassemble les grands singes. Les grands singes actuels sont les gibbons, les orangs-outans, les gorilles, les humains et les chimpanzés (incluant les bonobos). Ils constituent la super-famille Hominoidea.

Hominidés – Voir « humains ».

Hominines – Voir « humains ».

Humains – Groupe au sein des primates qui apparaît à la fin du Miocène et comprend Homo sapiens et toutes les espèces qui sont plus proches d’Homo sapiens que des chimpanzés. À partir de l’ancêtre commun que nous partageons avec les chimpanzés, deux rameaux évolutifs ont émergé : celui des chimpanzés et celui des humains. Il n’y a pas de consensus au sein de la communauté scientifique (y compris au sein de PALEVOPRIM !) sur le nom formel du rameau humain : famille Hominidae pour certains (les « hominidés »), sous-tribu Hominina pour d’autres (les « hominines »).

Inter/multi/transdisciplinarité – Face à l’hyperspécialisation et au cloisonnement des recherches scientifiques, la multidisciplinarité et ses versions plus intégratives (interdisciplinarité et transdisciplinarité) sont systématiquement invoquées comme modèle par les chercheurs et les institutions. La théorie correspond toutefois rarement à la pratique. La paléontologie se distingue sur ce plan, parce qu’elle est née à l’interface des sciences de la terre et des sciences du vivant : c’est une science par définition et dès son origine transdisciplinaire. A PALEVOPRIM, cela se traduit concrètement par une recherche systématiquement menée en interconnexion entre diverses disciplines, du terrain à l’interprétation. La preuve, nos collaborations [lien page collaborations, lien page interdisciplinarité] sont tissées avec des géologues, des archéologues, des spécialistes de l’environnement, des agronomes, des physiciens, des chimistes, des écologues, des médecins, des biologistes, des généticiens, des neurologues, etc…

Ka – Kilo annum, unité de mesure du temps en milliers d’années.

Ma – Mega annum, unité de mesure du temps en millions d’années.

Primates – Groupe de mammifères qui apparaît au début du Cénozoïque et comprend aujourd’hui plusieurs centaines d’espèces. Les primates sont en général rares dans les sites fossilifères. Souvent liés aux milieux forestiers tropicaux, leurs régimes alimentaires sont diversifiés (insectivores, frugivores, folivores, omnivores). Ils constituent l’ordre Primates.

On n’aime pas…

Anthropocène – Il s’agirait d’une nouvelle « ère » de l’échelle des temps marquant l’avènement de l’humanité comme « force géologique », compte tenu du monstrueux impact humain sur l’environnement. Les médias ont largement diffusé le terme et le concept. Pourtant, l’anthropocène n’est en rien officialisée par la commission internationale de stratigraphie. Il est en effet très difficile de trouver des marqueurs de l’anthropocène présentant les critères adéquats pour former une subdivision des temps géologiques. De ce point de vue, l’anthropocène est totalement dans le flou. Pas étonnant, donc, qu’elle démarre selon les auteurs avec la domestication des plantes et des animaux, avec la conquête européenne des Amériques, avec la révolution industrielle, ou encore avec les essais thermonucléaires de la seconde moitié du XXe siècle.
Les tenants de l’anthropocène semblent également oublier que le phénomène n’est en rien neuf : le vivant est une force géologique depuis ses tous débuts, bien avant l’avènement d’Homo sapiens, et la surface de notre planète est telle qu’elle est grâce à la vie qui la peuple. Alors, l’anthropocène comme phase de l’histoire des civilisations, pourquoi pas, mais pour une ère, une période ou un âge géologique, le compte n’y est pas. Par ailleurs, on peut légitimement s’interroger sur une démarche qui replace l’humanité au cœur de l’histoire du globe, alors que c’est justement une vision anthropocentrique qui conduit nos systèmes économiques à vandaliser le climat et ravager la biodiversité !

Berceau de l’humanité – Alors, le berceau, c’est donc le Tchad ? Ou l’Éthiopie ? L’Afrique du Sud ? Le Kenya ? Ailleurs encore ? En fait, cette formule appliquée à un pays, à un lieu précis est tout à fait catastrophique. À proprement parler, le berceau de l’humanité serait l’endroit de son « origine ». Mais notre origine est confondue dans celle de la vie : nous sommes les descendants d’un ancêtre commun à toutes les formes de vie sur cette planète ! Cette ancêtre commun a vécu il y a sans doute près de quatre milliards d’années, dans un endroit inconnu de la Terre. Donc, le berceau, c’est la Terre.
Si on se réfère à l’endroit où les rameaux humains et chimpanzés se sont différenciés, toutes les recherches menées depuis des décennies indiquent clairement l’Afrique. Mais doit-on vraiment parler de l’Afrique comme d’un berceau ? Le berceau, loin d’être commun à toutes les cultures humaines, est un objet que nous abandonnons dès que nous apprenons à nous tenir sur nos pattes arrières (à être bipèdes).  C’est tout à fait le contraire avec l’Afrique ! Nous y avons acquis la bipédie et avons continué à évoluer sur ce continent : la preuve, toutes les grandes étapes de l’évolution humaine, même les plus récentes, ont débuté sur le continent africain.

Chaînon manquant – Cette périphrase a connu une grande gloire médiatique, et si elle est aujourd’hui un peu passée de mode, on la retrouve régulièrement dans les médias. Et pourtant, c’est un concept vide de sens ! En ce qui concerne l’évolution humaine, l’annonce de la découverte du chaînon manquant suggère qu’une forme intermédiaire essentielle entre les « singes » et les humains a été finalement mise au jour.
Or, de telles formes intermédiaires n’ont jamais existé. Nous sommes liés aux chimpanzés, aux autres primates et à l’ensemble du vivant par les longues successions de nos ancêtres respectifs qui, dans le passé, ont émergé à partir d’ancêtres communs. Toutes les espèces formant ces successions ont des caractères partagés avec leurs ancêtres et leurs descendants, mais également des caractères propres liés à leurs histoires évolutives et à leurs écologies. Elles ne sont donc pas intermédiaires entre elles. Par contre, elles constituent toutes un chaînon potentiel de l’évolution du vivant… Or, si nous connaissons quelques espèces fossiles, un grand nombre d’entre elles restent à découvrir et sans doute encore plus sont perdues à jamais. Il y a donc une infinité de « chaînons manquants », et nous, Homo sapiens, représentons un chaînon de plus…

Confusion entre archéologie et paléontologie – Et non, il ne s’agit pas de la même discipline ! Si la dimension « recherche d’un passé enfoui » est belle et bien commune aux paléontologues et aux archéologues, ils travaillent sur des aspects différents de l’expression de la vie sur notre planète. Les paléontologues s’intéressent à l’évolution des organismes sur les plans de la diversité, de la biologie, de l’écologie, des relations de parentés, de la distribution à la surface du globe, … Les archéologues étudient les productions culturelles de l’humanité – en premier lieu les outils, les œuvres artistiques, les modes de vie. Il s’agit donc de deux disciplines parfaitement complémentaires et qui sont fréquemment amenées à travailler ensemble.

Fossile vivant – Ce terme a été appliqué à certaines espèces qui seraient restées inchangées au cours des millions d’années. Par exemple, le cœlacanthe, ou encore le tuatara… En réalité, l’évolution des organismes ne se fige jamais. Certaines espèces conservent une morphologie globalement similaire à celle d’ancêtres lointains, mais dans le détail elles ont toujours des traits morphologiques et des modes de vie qui diffèrent de ceux de ces ancêtres. Le terme « fossile vivant » ne reflète donc pas une réalité, mais juste une approximation.

Homme moderne – Une proposition triplement malheureuse ! Si la formule littéraire « Homme » désigne l’humanité dans son entier, son utilisation dans un cadre biologique comme synonyme de l’espèce Homo sapiens est problématique.
Le H majuscule est un premier abus : cette lettre capitale, inconnue du dictionnaire, est revendiquée par des personnes qui écrivent sans vergogne « le chien », « le bouton d’or » ou « l’ornithorynque », sans capitales. C’est dans le meilleur des cas un défaut de logique, et dans le pire une volonté de placer une espèce au-dessus de toutes les autres.
Cet « homme » est surtout bien maladroit pour désigner notre espèce, puisqu’il en passe sous silence la majeure partie, composée de femmes et d’enfants.
Enfin, le qualificatif de « moderne » suggère une notion de valeur relative sur une échelle de progrès dénuée de fondement. Depuis l’ancêtre commun à toutes les espèces vivants, il y a sans doute plus de 3,5 milliards d’années, toutes les espèces actuelles ont bénéficié d’un temps d’évolution similaire. Or, on ne parle jamais du chimpanzé moderne, du lombric commun moderne ou de l’ortie moderne. Il y a encore peu de temps, notre espèce côtoyait d’autres espèces humaines qui n’étaient pas moins différentes que nous de nos ancêtres plus lointains. Étaient-elles moins modernes ? Plus modernes ? Ni l’un, ni l’autre…
Le terme de modernité est également rapporté au comportement élaboré et notamment aux capacités d’abstraction de notre espèce. Ces capacités sont certes très développées par rapport aux autres espèces animales présentant des comportements sophistiquées, mais en rien différentes dans leur nature. Les recherches sur ce thème suggèrent de manière croissante que cette modernité, à son émergence, n’était probablement pas l’apanage de notre espèce, mais qu’elle était partagée au moins avec Homo neanderthalensis.
En bref, la modernité n’a pas de sens en biologie de l’évolution. Il y a un million d’années, Homo erectus ne se sentait certainement pas moins moderne que nous, et le mot confine à la limite à une nouvelle forme de racisme, un racisme trans-temporel… Quant à nos descendants, dans quelques milliers d’années, on peut espérer qu’ils rient de ce terme qui pour eux ne reflétera sans doute que la vanité d’humains du passé.

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